Vous avez déjà beaucoup trop cherché la solution
Qu’il s’agisse d’un mal-être émotionnel, psycho-corporel, d’une situation qui bloque, chahute, qui rend l’horizon triste ou qui met tout le système en alerte à force d’anxiété : la personne s’assoit dans le fauteuil de l’hypnothérapeute a en général déjà fourni un certain travail mental pour résoudre le problème.
On y pense, on y réfléchit beaucoup.
Parfois, on sait ce qu’il faudrait faire pour bien faire.
Il arrive qu’on plie sous les petites phrases culpabilisantes du quand on veut on peut. Notre propre dialogue interne nous fatigue, les pensées et les “pourquoi” font des noeuds dans notre tête et notre existence.
Par exemple : je sais que toute cette lumière bleue nourrie mon insomnie, que me jeter sur ce paquet de cookies quand je suis anxieuse n’est pas un comportement viable sur la durée, qu’écrire à cet ex qui ne me respecte pas quand je me sens seul(e) ne me fait pas du bien, je sais que plus j’angoisse et plus j’angoisse, je sais que je devrais ralentir ou au contraire me mettre en mouvement – on sait beaucoup de choses – et pourtant, je ne peux pas m’en empêcher.
J’essaye de me retenir, de ne plus y penser, de me restreindre.
J’établis un plan. Je me raisonne. Les autres se mettent à me donner des conseils.
Parfois, quelque chose craque, la cascade émotionnelle vient tout renverser, et c’est selon : je m’en veux, je ressasse, je cherche encore d’autres solutions.
A ce stade, notre perception est crispée autour d’un problème.
En hypnose, il me semble que le but premier n’est pas de chercher pas une énième solution. Vous avez déjà beaucoup trop cherché la solution. Du moins à un niveau conscient. Il n’est plus question de forcer la volonté ni de se forcer tout court.
La perception élargie de la transe ne nous laisse plus nous réduire à nos pensées en boucles, à notre jugement sur-nous même et nos anticipations malheureuses.
Alors qu’on était à côté de nous-même, en train de nous demander comment faire pour s’en sortir, le transe hypnotique réveille l’intelligence tout à la fois des émotions et du corps, des sensations, des libres associations (de ce que l’on nomme intuition) qui sait mieux que ce nous savons consciemment.
Faire l’expérience de l’hypnose, au sens ericksonien, ce n’est pas chercher une solution extérieure et mentale. C’est n’est pas non plus forcer la volonté et se comporter comme un manager de nous-même avec des “il faut” et des “je dois”. L’hypnose est une expérience qui permet de renouer avec la confiance en nos ressources inconsciences, de se mettre à l’écoute de ce qui est déjà là, de laisser exister la créativité qui n’est jamais perdue et l’élan qui permet le premier pas, d’explorer notre capacité naturelle à rêver et de laisser le corps (tout le corps, dans dimension psycho - somato- affective) faire son travail déjà très intelligent de digestion, d’assimilation, de cicatrisation, de ré-ajustement et de mise en mouvement.